L’année 2026 s’annonce comme un tournant majeur pour les assistantes maternelles. Entre revalorisation salariale, réforme des déclarations Pajemploi, évolution du Complément de Mode de Garde (CMG) et nouvelles obligations administratives, les changements sont nombreux et certains auront un impact direct et immédiat sur le quotidien des professionnelles de l’accueil individuel comme sur celui des familles qui les emploient.
L’année 2026 s’annonce dense et structurante pour les assistantes maternelles : revalorisation salariale, réformes administratives, amélioration du suivi médical, évolution des référentiels professionnels chaque volet contribue à renforcer la reconnaissance et la sécurisation d’un métier essentiel pour les familles. Infans
Premier signal fort dès le 1er janvier : le montant du SMIC horaire est revalorisé de 1,18 %, s’établissant à 12,02 € brut de l’heure, tandis que le salaire minimum conventionnel des assistantes maternelles reste fixé à 3,64 € bruts par heure d’accueil. Devenir assistante maternelle Dans le même temps, une nouvelle règle Pajemploi entre en vigueur dès janvier 2026 : chaque enfant accueilli doit désormais faire l’objet d’une déclaration distincte, avec un bulletin de salaire par enfant. Nounou-top
Ces évolutions s’inscrivent dans un mouvement plus large de professionnalisation et de sécurisation du secteur de la petite enfance, porté notamment par le Service Public de la Petite Enfance (SPPE). Dans cet article, découvrez dans le détail tout ce qui change en 2026 pour les assistantes maternelles pour anticiper, s’adapter et aborder cette nouvelle année avec toutes les clés en main.
Revalorisation du SMIC et des salaires : ce que les assistantes maternelles vont réellement percevoir en 2026
C’est souvent la première question que se posent les assistantes maternelles en début d’année : combien vais-je réellement gagner avec les nouvelles revalorisations ? En 2026, la hausse du SMIC entraîne mécaniquement plusieurs ajustements sur les salaires, les indemnités et les aides perçues. Voici une explication claire, chiffrée et concrète pour y voir parfaitement clair.
La hausse du SMIC : ce que ça change concrètement
Au 1er janvier 2026, le SMIC horaire brut est revalorisé de 1,18 %, passant de 11,88 € à 12,02 € brut de l’heure, sur la base de l’évolution des prix à la consommation et du salaire horaire des ouvriers et des employés. Lassmat
Pour les assistantes maternelles, le salaire minimal légal est calculé selon la formule suivante : 0,281 × SMIC horaire. Ce qui donne pour 2026 :
0,281 × 12,02 € = 3,38 € brut par heure d’accueil
Cependant, ce chiffre ne s’applique pas en pratique. Le salaire minimum conventionnel, fixé par la convention collective des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile, est supérieur à ce minimum légal, établi à 3,64 € bruts par heure d’accueil. C’est donc ce dernier qui s’applique concrètement. Devenir assistante maternelle
En clair : la hausse du SMIC de 2026 ne se traduit pas par une augmentation directe du salaire horaire des assistantes maternelles, puisque le minimum conventionnel reste la référence supérieure et inchangée à 3,64 €. Les syndicats, notamment l’UNSA ProAssmat et Assfam, appellent à relever ce minimum conventionnel à hauteur d’environ 0,400 du SMIC, soit 4,81 € brut, pour redonner de l’attractivité au métier. Les pros de la petite enfance
L’indemnité d’entretien : un montant revalorisé
Si le salaire horaire conventionnel reste stable, l’indemnité d’entretien minimale évolue, elle, à la hausse. Elle est calculée sur la base du minimum garanti, lui-même indexé sur le SMIC.
Le minimum garanti augmente à 4,25 € au 1er janvier 2026. Le montant minimal de l’indemnité d’entretien est fixé à 3,83 € pour 9 heures d’accueil soit 90 % de 4,25 € puis 0,425 € par heure au-delà.
Exemple concret pour une journée de 10 heures d’accueil :
- Indemnité de base (9h) : 3,83 €
- Heure supplémentaire (1h) : 0,425 €
- Total indemnité d’entretien : 4,255 € pour 10 heures
Le coût horaire de référence du CMG revalorisé en avril
Une deuxième vague de revalorisation intervient au 1er avril 2026, cette fois sur le Complément de Mode de Garde (CMG), qui impacte directement le reste à charge des familles et donc l’attractivité tarifaire des assistantes maternelles.
Le coût horaire de référence passera de 4,85 € en 2025 à 4,91 € au 1er avril 2026 pour un accueil chez une assistante maternelle. Le plafond horaire du CMG sera également revalorisé, atteignant 8,09 € pour les assistantes maternelles.
Tableau récapitulatif des montants 2026 pour les assistantes maternelles
| Indicateur | Montant 2025 | Montant 2026 | Date d’application |
|---|---|---|---|
| SMIC horaire brut | 11,88 € | 12,02 € | 1er janvier 2026 |
| Salaire minimal légal (0,281 × SMIC) | 3,34 € | 3,38 € | 1er janvier 2026 |
| Salaire minimum conventionnel | 3,64 € | 3,64 € | Inchangé |
| Minimum garanti | 4,22 € | 4,25 € | 1er janvier 2026 |
| Indemnité d’entretien minimale (9h) | 3,80 € | 3,83 € | 1er janvier 2026 |
| Indemnité d’entretien par heure sup. | 0,422 € | 0,425 € | 1er janvier 2026 |
| Coût horaire de référence CMG | 4,85 € | 4,91 € | 1er avril 2026 |
| Plafond horaire CMG | 7,95 € | 8,09 € | 1er avril 2026 |
En résumé, si la revalorisation du SMIC 2026 ne se traduit pas par une augmentation immédiate et spectaculaire du salaire horaire des assistantes maternelles le minimum conventionnel restant la référence elle entraîne néanmoins des ajustements positifs sur les indemnités d’entretien et sur les barèmes du CMG à partir d’avril. Des évolutions modestes mais réelles, à intégrer dès maintenant dans vos contrats et vos calculs de rémunération.
Pajemploi 2026 : la déclaration par enfant, comment ça marche concrètement ?
C’est l’une des nouveautés Pajemploi les plus structurantes de 2026. Depuis janvier, le système de déclaration a profondément changé pour toutes les assistantes maternelles qui accueillent plusieurs enfants d’une même famille. Fini la déclaration globale par foyer employeur : désormais, chaque enfant accueilli fait l’objet d’une déclaration distincte et individualisée. Un changement qui peut sembler technique à première vue, mais qui a des conséquences très concrètes à la fois positives et à surveiller de près.
Avant janvier 2026, lorsqu’une assistante maternelle accueillait deux enfants de la même famille — par exemple un enfant de 2 ans et un enfant de 5 ans les parents effectuaient une seule déclaration Pajemploi pour les deux enfants. Le salaire, les cotisations et les aides étaient calculés de manière globale, sur l’ensemble du contrat de travail. C’était simple, mais cela manquait de précision, notamment pour le suivi des droits sociaux de l’assistante maternelle et le calcul des aides versées aux familles.
Avec la nouvelle règle en vigueur depuis janvier 2026, chaque enfant accueilli génère désormais sa propre déclaration, son propre bulletin de salaire et son propre récapitulatif mensuel y compris lorsque les enfants appartiennent à la même famille. Concrètement, si vous accueillez deux enfants de la même famille, vous recevrez deux bulletins de salaire distincts chaque mois, avec le détail des heures, du salaire et des indemnités pour chacun d’eux séparément.
Pour les assistantes maternelles, cette évolution représente une avancée réelle sur plusieurs points. D’abord, elle permet un suivi beaucoup plus précis des droits sociaux : les données individualisées par contrat et par enfant facilitent le calcul des droits à la retraite et à l’assurance chômage, qui étaient parfois approximatifs avec une déclaration globalisée. Ensuite, elle offre une meilleure lisibilité de votre rémunération : vous pouvez désormais identifier clairement, pour chaque enfant accueilli, le détail de ce qui vous est versé, ce qui facilite la gestion administrative de votre activité et la vérification de vos bulletins de salaire.
Du côté des familles employeurs, la logique est identique : elles reçoivent un récapitulatif mensuel par enfant, ce qui rend le suivi des aides et des cotisations plus transparent. La CAF peut ainsi calculer le Complément de Mode de Garde avec davantage de précision, enfant par enfant, plutôt que de manière agrégée.
Cependant, cette réforme comporte un point de vigilance important que toute assistante maternelle doit avoir en tête pour informer les familles qu’elle emploie. Le CMG est désormais appliqué par enfant, et non plus de manière globale. Cela signifie que si une famille a recours à vos services pour un enfant de moins de 6 ans et un enfant de plus de 6 ans, elle ne bénéficiera plus du CMG pour l’aîné. L’aide de la CAF ne concerne en effet que les enfants de moins de 6 ans dans le cadre de l’accueil individuel. Ce changement peut donc avoir un impact financier direct sur certaines familles, qui pourraient être amenées à revoir leur organisation de garde.
Environ 12 400 familles seraient concernées par cette perte partielle de CMG selon les estimations. Si vous accueillez une fratrie dans cette situation, il est important d’en informer les parents rapidement pour qu’ils puissent anticiper la hausse de leur reste à charge et adapter leur budget en conséquence.
Sur le plan pratique, rien ne change fondamentalement dans votre façon de travailler : c’est Pajemploi qui gère automatiquement la bascule vers la déclaration par enfant. Les parents se connectent à leur espace habituel et effectuent désormais deux déclarations distinctes au lieu d’une. L’interface a été adaptée pour rendre cette opération aussi fluide que possible, même si une période d’adaptation reste inévitable pour les familles les moins à l’aise avec le numérique.
En résumé, la déclaration par enfant sur Pajemploi est une réforme globalement positive pour la reconnaissance des droits des assistantes maternelles, mais elle nécessite une communication proactive avec les familles employeurs pour éviter les mauvaises surprises liées à la suppression du CMG pour les enfants de plus de 6 ans.
CMG 2026 : ce qui change pour les familles et l’impact sur les contrats des assistantes maternelles
Le Complément de Mode de Garde (CMG) est au cœur du modèle économique de l’accueil individuel. C’est lui qui détermine en grande partie le reste à charge des familles et, par ricochet, l’attractivité tarifaire des assistantes maternelles par rapport aux autres modes de garde. En 2026, plusieurs évolutions majeures viennent modifier son calcul, ses barèmes et ses conditions d’attribution avec des conséquences directes sur les contrats en cours et à venir.
La première évolution à connaître concerne la revalorisation du coût horaire de référence, entrée en vigueur au 1er avril 2026. Ce coût horaire de référence, indicateur clé de la réforme du CMG, passe de 4,85 € en 2025 à 4,91 € au 1er avril 2026 pour un accueil chez une assistante maternelle, tandis que le plafond horaire du CMG est également revalorisé, atteignant 8,09 €. Les pros de la petite enfance Concrètement, cette revalorisation signifie que la base de calcul de l’aide versée aux familles augmente légèrement, ce qui peut réduire marginalement leur reste à charge lorsque la rémunération de l’assistante maternelle correspond au coût horaire de référence.
Mais cette mécanique comporte une limite que les professionnelles du secteur connaissent bien. Lorsque le tarif horaire pratiqué par l’assistante maternelle dépasse le coût horaire de référence ce qui est fréquent dans les zones où les tarifs du marché sont plus élevés le reste à charge des familles reste supérieur à celui observé dans l’accueil collectif. Cette situation peut freiner certaines familles dans leur choix d’une assistante maternelle, notamment celles aux revenus intermédiaires qui ne bénéficient pas des taux d’aide les plus élevés.
Le deuxième changement majeur concerne directement l’articulation entre le CMG et la nouvelle déclaration par enfant de Pajemploi. Comme évoqué précédemment, le fait de calculer le CMG enfant par enfant crée une rupture d’aide pour les familles ayant recours à une même assistante maternelle pour plusieurs enfants d’âges différents. Pour un foyer qui emploie une assistante maternelle pour un enfant de 3 ans et un enfant de 7 ans, le CMG ne sera désormais versé que pour l’enfant de moins de 6 ans. L’aîné, pourtant gardé dans les mêmes conditions, n’ouvre plus droit à l’aide. Ce point de rupture peut fragiliser certains contrats si les familles concernées estiment que le coût restant à leur charge devient trop élevé.
Pour les assistantes maternelles, l’impact sur les contrats peut être significatif. Une famille qui perd le CMG pour son enfant de plus de 6 ans peut être tentée de réduire les heures d’accueil, de demander une renégociation du tarif horaire ou, dans les cas les plus extrêmes, de mettre fin au contrat. Il est donc essentiel, en tant qu’assistante maternelle, d’anticiper ces situations en identifiant parmi les familles que vous accueillez celles qui sont potentiellement concernées par cette perte d’aide et d’engager le dialogue avant que la situation ne devienne problématique.
La troisième évolution porte sur la fin du surcoût lié à l’indemnité compensatrice de congés payés. À partir de janvier 2026, l’indemnité compensatrice de congés payés est exclue du calcul du plafond horaire du CMG. Les parents toucheront leur aide, peu importe le montant du solde de tout compte versé à l’assistante maternelle. Nounou-top C’est une avancée concrète et attendue de longue date : jusqu’ici, le versement de l’indemnité de congés payés en fin de contrat pouvait faire dépasser le plafond horaire du CMG, entraînant une baisse de l’aide pour les parents et, en cascade, des risques d’impayés pour les assistantes maternelles. Cette anomalie est désormais corrigée, ce qui sécurise les fins de contrat pour les deux parties.
Enfin, il est important de rappeler que le CMG reste calculé selon quatre paramètres clés : les revenus mensuels du foyer, le nombre d’enfants à charge, le coût horaire de référence national et la rémunération effective de l’assistante maternelle. En 2026, l’objectif affiché des pouvoirs publics reste d’harmoniser progressivement le reste à charge entre accueil individuel et accueil collectif un chantier de long terme qui ne sera pas pleinement abouti cette année, mais qui oriente clairement la trajectoire du secteur pour les années à venir.